« LE DÉRANGEUR » L’OUVRAGE QUI DÉRANGE LA COLONISATION

LE DÉRANGEUR EST UN LEXIQUE PERTINENT QUI VEUT DÉCOLONISER LA LANGUE FRANÇAISE. 

Dédié « aux personnes noires, à celles qui aiment l’être, qui le sont par défaut ou par choix politique. A celles qui ne le sont pas encore et le deviendront, peut-être », le livre donne le ton d’emblée : impertinent, poétique et piquant. Ecrit « à huit mains » par « le Collectif Piment », Le Dérangeur va fouiller sous la croûte des mots les plaies qui continuent de démanger. Abolitions, colère, diversité, émeute, exotique, racisé, réparations, victimisation, world music, sont quelques-unes de ces entrées conçues tantôt comme des définitions de dictionnaire, tantôt comme des articles, des poèmes, des fables, des dialogues, des clins d’œil typographiques, des jeux ou des devinettes destinées avant tout à faire réfléchir.

Depuis mai 2017, Piment et son collectif originaire des quatre coins de la francophonie questionnent deux fois par mois l’actualité culturelle, politique et sociétale française dans une émission diffusée sur Radio Nova. Fondé sur leurs expériences et leurs observations, ce lexique à la forme inédite, issu de ces questionnements, est conçu comme un guide pour aider à naviguer dans une société dite «postcoloniale». Il met au jour les particularités du contexte dans lequel évoluent les noirs en France aujourd’hui, bien souvent incompris par les médias grand public, ou confondu avec celui des États-Unis. Il est assaisonné à la sauce Piment : irrévérencieux, sarcastique, narquois, sans langue de bois.

La volonté de ce livre n’est pas de donner de leçons de morale ou d’expliquer ce qu’est le racisme, explique Binetou Sylla, l’une des quatre auteurs. Mais de partager nos expériences, mises en perspective par la matière scientifique, la littérature, la pensée philosophique et l’histoire de ceux qui nous ont précédés. Nos aînés et nos contemporains ont donné corps et rationalité à ce que nous vivons aujourd’hui. C’est aussi le fruit d’un dialogue entre nous. »

Le choix du lexique aussi s’est imposé rapidement, car il permet d’entrer facilement et à n’importe quel moment dans le livre tout en traitant une grande diversité de sujets. « Le choix d’une liste de mots est aussi important à cause de la langue française elle-même, analyse Rhoda Tchokokam. En France, dès qu’un néologisme est créé, ça lance d’interminables débats, l’Académie s’en mêle. Sur l’histoire coloniale, les non-dits, les tabous sont encore très puissants. On a l’impression que l’enjeu est de “silencer” les gens. Le terme “racisé en est le parfait exemple : les disputent ne manquent pas. Mais, à partir du moment où on nomme les choses, on est obligé de traiter les maux qui se rattachent aux mots. »

Ces quatre jeunes auteurs Français âgés de 25 à 33 ans, nés et grandis pêle-mêle « en Hexagone », aux Antilles, en Afrique et aux Etats-Unis. Célia Potiron, Christiano Soglo, Binetou Sylla et Rhoda Tchokokam se sont rencontrés il y a plusieurs années à Paris, à la faveur d’amitiés, de recherches sur la musique ou d’échanges de hasard en club de lecture « afro ». Cotonou, Douala, Bamako, Dakar, Saint-Pierre, Chicago, New York, Paris, Bordeaux… la liste non exhaustive des villes par lesquelles les auteurs sont passés racontent bien cette nouvelle génération d’afrodescendants cosmopolites qui n’entendent plus que l’on parle à leur place de leur(s) histoire(s) de France.

Ce livre qui est sorti le 28 mai, trois jours après le décès de George Floyd, est tombé à point nommé. Cet Afro-Américain de 46 ans, mort asphyxié sous le genou d’un policier blanc à Minneapolis, aux Etats-Unis, a déclenché une vague d’émotion et de révolte dans plusieurs grandes villes américaines, mais aussi européennes. A Paris, Lille ou Saint-Etienne, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes, « racisées » ou non, qui sont descendues dans la rue cette semaine pour dénoncer « le racisme ordinaire », les discriminations, les violences policières, exiger « vérité et justice », faire entendre leurs colères. A tous ceux qui veulent comprendre les raisons profondes de ces maux qui ne passent pas, les mots du Dérangeur proposent des clés pour délier les langues.

Le dérangeur ; petit lexique en voie de décolonisation

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